2éme nuit

Ce soir-là, Auguste venait de s’endormir lorsque son dostose se mit en position d’alerte maximale pendant une fraction de seconde, puis l’alerte cessa. Auguste n’avait pas eu le temps de se réveiller.

 

Et maintenant, il se passait un phénomène pour le moins étrange. Il était tout à fait conscient de son moi, conscient d’être endormi mais dans l’impossibilité de se réveiller, comme si quelque chose l’obligeait à rester en mode sommeil et sans aucune porte de sortie vers l’état de veille.

 

Il fut soudain projeté dans un tourbillon aux mille couleurs, descendant dans une flottaison incontrôlée pour enfin surgir dans un monde imaginaire. Dans son rêve, il était debout au milieu d’une ferme, il se dit qu’elle datait du milieu du dix-neuvième siècle. Il regarda autour de lui, il y avait des poules, des canards et des oies dans la basse cour où il se tenait, des vaches dans un pré un peu plus loin sur sa droite, des porcs dans un enclos à sa gauche, et à quelques mètres derrière lui, une vieille bâtisse aux murs vainement crépis qui se délabraient en laissant apparaître de vieilles pierres.

 

Il faisait chaud, le soleil tapait fort dans ce ciel purifié de tout nuage. Il sentait sa transpiration couler à ses aisselles et sur son front, ce qui le choqua, étant donné qu’il se trouvait dans un rêve et qu’il lui semblait impossible de ressentir aussi nettement ces impressions très physiques. Il regarda en l’air, il dut protéger ses yeux de sa main pour éviter d’être ébloui par le grand disque doré, maître du ciel. Il vit un oiseau qui faisait de grands cercles, tournoyant au-dessus de sa tête. L’oiseau se posa près de lui sur un poteau en bois de l’enclos à cochon.

 

« Bonsoir, M. Orinius ! » Dit une voix masculine inconnue.

Auguste se retourna et ne voyant personne derrière lui, il regarda l’oiseau, un faucon à ce qui lui sembla. Il observa le rapace, attendit que la voix lui parle à nouveau,

« C’est toi qui m’a parlé ? finit-il par demander à l’oiseau au bout de ce qui lui parut être une éternité, mais néanmoins sans espoir de réponse de la part de l’être ailé.

— Oui, c’est moi ! répondit le rapace d’une voix masculine et chaleureuse.

— Comm… Je ne comprends pas ! dit Auguste après quelques instants de silence, surpris par cet étrange oiseau parlant.

— Tu ne comprends pas quoi ? Ce rêve, ce décor autour de nous ou bien moi qui te parle ?, demanda le rapace d’un œil malicieux.

— Tout… ! dit Auguste interloqué et encore plus surpris.

— Mon nom n’a aucune importance pour le moment, mais je n’ai pas beaucoup de temps, alors voilà, j’ai déconnecté ton dostose, et créé ce monde pour te rencontrer ! Affirma l’oiseau

— Pourquoi, et comment… ? demanda Auguste sans trop savoir ni où il était ni ce qui se passait.

— Je veux connaître tes découvertes sur le crime de la sorcière ! dit le faucon d’un air autoritaire

— La quoi ? demanda Auguste qui retrouvait un peu de sa contenance

— La sorcière du Wicca, la femme qui a été retrouvée morte, je sais que c’est toi qui enquêtes sur cette affaire. Elle a pu me dire ton nom avant que le Vril l’emporte ! dit le faucon en baissant la tête en signe de respect.

— Pourquoi veux-tu connaître les détails d’une enquête de la psy ? demanda Auguste en essayant de gagner du temps pour trouver une échappatoire à ce curieux.

— Parce que je pense qu’il est de mon devoir de trouver le meurtrier de cette femme, car s’il a pu tuer une sorcière pratiquant le Wicca en lui arrachant son cordon d’argent, alors il peut tuer n’importe qui, expliqua l’oiseau d’un ton convaincant.

— Tu penses que je ne suis pas capable de résoudre cette affaire ?

— Cette affaire est bien plus importante que tu ne le crois, alors je me permets de renouveler ma question. Que sais-tu ? demanda l’oiseau qui commençait à perdre patience,

— Je… Je n’en savais pas autant que toi ! dit Auguste surpris de ne pas pouvoir mentir ou bluffer cet étrange oiseau.

— Alors, merci, je pense que l’on se reverra. » dit le rapace en s’envolant.

Auguste se réveilla en sautant d’un bond au pied de son lit, puis il reconnecta son dostose et le mit en position d’aura-vision, il eut juste le temps de voir une forme ectoplasmique traverser le mur et disparaître.

Ils’assit sur le lit, abasourdi par un trop – plein de questions qu’il avait en tête. Comment un être fantomatique avait-il pu débrancher son dostose et pénétrer ainsi au plus profond de son âme, dans ses rêves ? Normalement, un bouclier magnétique le protégeait continuellement de tous ces êtres psychiques dans une distance de cinq mètres, et là, un de ces êtres, avait réussi à le débrancher, alors qu’il n’y avait qu’un seul moyen, l’interrupteur étant cérébral. Même mort, son dostose continuerait à émettre ! Il ne comprenait pas ! Le bon côté de la chose, pensa-t-il, était que cet être lui avait fourni quelques renseignements qu’il inscrivit dans la mémoire interne de son dostose,

À voir : sorcière du Wicca, le Vril (?) et Cordon d’argent.

Il rechercherait tous ces termes le lendemain sur le pense-net.

Auguste augmenta son dostose de deux cents pour cent et se recoucha, en espérant pouvoir retrouver le sommeil, sans trop y croire.

Des milliers de questions l’assaillaient : serait – ce possible que ce soit l’assassin ? Comment pouvait-il être sûr que cet être ne lui avait pas menti ? Si ça se trouve, il lui avait raconté tout ça pour le mettre sur une fausse piste… Il fallait qu’il soit prudent ! Mais comment avait-il pu débrancher son dostose ?

 

Quelques minutes plus tard, Auguste se releva de son lit, il n’arrivait pas à se rendormir, alors il se fit couler un café, qu’il but tranquillement, assis sur son divan, puis il sortit faire un tour dans la rue. Ces promenades nocturnes le détendaient, anonyme qu’il était alors, tel un badaud ordinaire, sans autre but que de marcher et d’observer les gens autour de lui, éclairé par les lumières artificielles du grand Paris.

2éme jour (seconde partie)

Lü était assis à son bureau, au Centre de Recherche de l’Exploration Galactique, le CREG.

Il s’était fait un nom dans ce monde très fermé des aéronautes de pointe en construisant la première navette spatiale capable de transcender la vitesse de la lumière. Elle s’appelait Atlantis, et ce n’était pas pour rien.

 

Il se souvenait encore de ses débuts, de ce qui lui avait permis d’amorcer la construction de cette navette ; il avait à l’époque beaucoup d’ennuis avec son travail et avec ses collègues. On l’avait prévenu qu’il devait faire ses preuves. Lors de ses premières vacances, il était allé sur la plage. Et là, au matin du troisième jour de ses vacances, il avait vu deux enfants à la peau bleutée se faire agresser par des jeunes délinquants qui les insultaient et les poussaient en incriminant la couleur de leur peau. Lü avait aussitôt réagi agi et il avait neutralisé les jeunes agresseurs à l’aide du kung fu qu’on lui avait appris depuis tout petit. Les enfants avaient plongé, Lü ne les avait jamais vus ressortir de l’eau. Pourtant, il était parti à leur recherche, il les avait cherchés sous l’eau et attendus toute la journée. À son retour de vacances, il avait reçu les plans de la navette Atlantis avec un petit mot notifiant la gratitude de tout un peuple pour avoir sauvé des atlantes trop imprudents.

Il avait créé la navette et avait été reconnu dans le monde entier comme l’un des meilleurs aéronautes de tous les temps.

Actuellement, il travaillait sur un projet qu’il avait nommé « Mangeurs d’âme », et dont les plans ressemblaient étrangement au démon inférieur de l’air astral.

 

Mais aujourd’hui, son esprit était préoccupé, il repensait à ce qui s’était passé la veille dans l’autre monde. Un être puissant, une sorcière du Wicca avait été assassinée par on ne sait qui ou quoi !

La seule chose qu’il possédait était le nom d’Auguste Orinius.

Qui était-il et pourquoi la sorcière avait-elle mentionné son nom ?

Lü se brancha au pense-net et entra son code confidentiel qui en tant que grand fonctionnaire lui donnait accès à des informations tenues secrètes.

Puis il entra le nom d’Auguste Orinius.

En quelques secondes, il obtint la fiche signalétique d’Auguste.

Nom : Orinius

Prénom : Auguste

Date de Naissance : 04/04/2102 Lieu de naissance : Paris

Parents : Orphelin

Traits particuliers : détenteur d’un dostose permanent

Historique : Auguste Orinius, a été récupéré par le gouvernement à l’âge de six ans dans un orphelinat, pour le projet Gens du Futur.

 

Le projet a été un échec, sur dix enfants dotés d’un dostose, trois seulement ont survécu, dont deux sont à l’heure actuelle placés dans un centre psychiatrique. Le projet avait pour but de développer les pouvoirs psychiques au maximum de leur potentiel. Les dostoses utilisés par les scientifiques de l’époque avaient une connexion au pense-net permettant la réactualisation des performances. Ce dostose, contrairement à ceux utilisés de nos jours par la brigade psychique, était très puissant, aussi les enfants n’ont-ils pas supporté le contact direct avec la moelle épinière (ceux d’aujourd’hui ont un branchement externe permettant de les enlever). En conséquence, dès que les scientifiques s’en aperçurent, ils déconnectèrent certains pouvoirs tels que la télékinésie, l’auto crémation, la télépathie…

 

Mais ils ne purent en sauver que trois et parmi ces rescapés, deux perdirent toute notion de la réalité. Les scientifiques voulurent enlever les dostoses mais ce faisant, ils constatèrent que ce retrait entraînerait chez les enfants une mort certaine et deux des trois survivants périrent à leur tour. Ils épargnèrent donc le jeune Auguste et lui apprirent à utiliser le peu de pouvoir encore présent dans le dostose. A seize ans, âge légal du droit au travail, il fut incorporé à la brigade psychique dont il incarne encore à ce jour le meilleur élément.

 

Lü était perplexe. Ainsi, la sorcière l’avait envoyé vers l’enquêteur chargé de l’affaire, qui était de plus un lieutenant de la brigade psy – ésotérique !

Ce qu’il pouvait détester ces gens qui se permettaient de pénétrer un domaine réservé aux initiés et d’y faire la loi alors que la seule loi régissant le monde magique était la loi cabalistique.

Lü ne voulait pas s’en approcher. Pourtant il le devait, peut être par curiosité ou par estime pour les sorcières ou encore tout simplement pour être sûr de ce qu’il avait vu. Il ne savait pas exactement pourquoi il devait le faire, mais il le devait.

 

Il réfléchit un moment en regardant le vide silencieux de la pièce à travers ses yeux bridés.

« Ça y est ! » s’écria-t-il. Il avait une idée : il était dit, dans le rapport du pense-net, que le dostose d’Auguste possédait une connexion interne pour les mises à jour.

Il se connecta de nouveau au pense-net, rechercha la connexion dans le réseau privé de la brigade psy. Une fois qui l’eut trouvée, il programma l’heure de l’arrêt automatique du dostose d’Orinius. Ainsi, à l’heure précise programmée, il lui suffirait de pénétrer le corps d’Auguste et d’y créer un rêve, pour former ainsi un pont entre son âme et celle d’Auguste. Dans le dostose, il trouva aussi un texte crypté qu’il réussit à décoder après plusieurs minutes d’essais infructueux. Il le lut.

Lü connaissait ce texte, c’était une langue secrète permettant de connaître l’avenir par le chemin sacré des anges.

Lü ouvrit son tiroir qui contenait de nombreux papiers ainsi que quelques livres. L’un d’eux traitait des lois sacrées de la magie. Il y trouva le texte et sa traduction qu’il retranscrit aussitôt dans le dostose, en apposant un code d’accès qui rendrait sa découverte inaccessible à autrui.

Voici la traduction qu’il inscrivit : Texte écrit en langue Enochienne.

 

TRADUCTION

O vous cieux qui habitez dans le premier air, vous êtes puissants dans les régions de la terre et exécutez le jugement du plus haut. A vous, il est dit : Voyez le visage de votre Dieu, le commencement de la consolation, dont les yeux sont l’éclat des cieux, qui vous a donné le gouvernement de la terre et son indicible diversité.

 

 

« Si Auguste enquête sur ce crime, il est du devoir de ceux qui possèdent la connaissance de l’aider » pensa Lü.

Lü se déconnecta du pense-net, après avoir fouillé tous les recoins de la mémoire interne du dostose.

Il reprit son travail sur son projet de « Mangeurs d’âme », un peu anxieux quant à sa précédente action qui, si elle venait à être découverte avant le soir, le mettrait dans l’impossibilité de connaître la vérité sur Auguste Orinius.

Il reprit ses plans, les étudia : il devait faire en sorte que le moyen de locomotion de son appareil soit stable en puissance.

 

ENOCHIENNE (Langue, Magie) : Les anges se servirent de cette langue inconnue pour communiquer avec le docteur Dee (Célèbre magicien du 16°siècle) puis par la suite avec Edward Kelley (célèbre cristallomancien et associé du DrDee).

Plus tard, cette langue fut utilisée par Aleister Crowley (de la Golden Dawn) qui prétendait être la réincarnation de Kelley.

Richard Deacon dans son livre (John Dee, écrit à Londres en 1968) explique vraisemblablement que l’énochienn’est pas un charabia mais une véritable langue,

Même s’il n’y a aucune trace de celle-ci antérieurement au Dr Dee.

3éme jour

Auguste se réveilla en sursaut, un son lointain pourtant à peine perceptible l’avait réveillé. Ce devait être une cloche qui sonnait les pénates, retentissant dans l’aube naissante. Après une longue promenade nocturne, il avait finalement réussi à s’endormir en rentrant.

« Drinnng… Drinnng… »

Auguste se leva et décrocha le téléphone mural fixé à côté du lit.

« Allô ? dit-il d’une voix endormie

— Ici le commissaire Robert, on a besoin de vous ! répondit la voix nonchalante du commissaire

— Où ? » demanda Auguste sans hésitation, la tête encore tout ensommeillée.

Le commissaire Robert lui donna le nom de la ruelle où on venait de découvrir un nouveau corps.

 

Auguste s’habilla prestement, sortit de son appartement et récupéra son scooter aéroglisseur à pulsion magnétique en bas de l’immeuble.

Il déclencha la sirène miniature et partit en trombe sans même avoir pris le temps de boire un café. Ce qu’Auguste détestait le plus dans son métier, c’était de ne pas avoir le temps de prendre un café le matin au saut du lit.

Quand il arriva sur le lieu du crime, il dépassa le garde en faction à l’entrée de la ruelle et avança d’un pas rapide et décidé en direction du cadavre qu’il distinguait au coin de la petite ruelle dont les réverbères n’éclairaient déjà plus à cette heure matinale. Il ne se sentait pas d’humeur à effectuer le travail de la criminelle et à faire l’état des lieux de la scène.

Auguste se pencha sur le corps lorsqu’il fut à son niveau.

Il ou plutôt elle, car il s’agissait d’une femme, était déjà vitrifiée. C’était une rousse, une très belle rousse.

 

Il la regarda, elle avait le même regard et la même expression de frayeur que la dernière victime aux six doigts, symbole inanimé et cependant réel de l’épouvante qui avait dû la saisir.

Une rousse, encore une sorcière, pensa-t-il en se souvenant de ce qu’il avait découvert sur le pense-net.

« Bonjour lieutenant, dit une voix qu’il reconnut aussitôt comme étant celle du commissaire Robert.

— Bonjour commissaire, répondit-il presque machinalement

— Avez-vous bien dormi ? demanda celui-ci avec un sourire ironique au coin de la bouche.

— Non, et vous ? répondit Auguste du tac au tac.

— Oui, moi ça a été. On a encore trouvé ceci, ajouta le commissaire en lui tendant une petite bulle olfactive,

— Mais on n’a pas pu le lire, il y a un code générique olfactif » continua-t-il

Auguste prit la bulle et après avoir placé son appareil de lecture, il la piqua.

 

« Code olfactif correct, début de la lecture » énonça une voix robotisée dans sa tête.

Auguste en fut surpris, ainsi donc l’assassin avait son code olfactif personnel !

La lecture commença en s’inscrivant dans sa tête comme sur l’écran d’un ordinateur.

«.17.21. ’.5.19.20. -.3.5..17.21.9..1..4.5.19.

.18.1.3.9.14.5.19..17.21.5.

.16.5.18.19.15.14.14.5. .14.5. .22.15.9.20. ,

.17.21.9..13.15.14.20.5.,.

.5.20. .16.15.21.18.20.1.14.20. .14.5.

.16.15.21.19.19.5..10.1.13.1.9.19. ?.

.18.5.16.15.14.4. .1. .3.5.20.20.5.

.5.14.9.7.13.5..5.20..16.5.21.20. -.5.20.18.5.

.13.5..20.18.15.21.22.5.18.1..20.21. !. »

 

Auguste ne comprit rien de ce message olfactif numérique. Il lui faudrait bûcher certainement une bonne partie de la journée pour parvenir à décoder ce message. Il enleva son appareil et rangea la bulle dans une pochette. Sans rien laisser paraître de son incompréhension.

« Sinon, tout comme l’autre meurtre, aucun signe extérieur de violence ? demanda-t-il au commissaire Robert

— Exact, aucun signe de violence, aucune arme, donc aucune piste !

— J’espère que du côté de votre service ça avance, car pour nous, c’est la purée de pois. »

 

Mais Auguste ne l’écoutait plus, il venait de ranger la série de nombres dans son dostose et s’était aperçu qu’il y avait quelque chose de nouveau ; un nouveau texte dans la mémoire interne de son appareil, mais cela était impossible car il n’y avait que lui qui y avait accès ! Décidément, dans cette enquête, de nombreux éléments lui échappaient et il pensa que le faucon de son rêve avait raison, les choses apparaissaient bien plus importantes que ce qu’il y semblait au premier abord.

Auguste se connecta pour prendre connaissance du nouveau texte inscrit dans son dostose, et ce qu’il lut le stupéfia. Il comprit, bizarrement, que c’était la forme fantomatique de la veille qui lui avait laissé ce message.

Il avait donc une première réponse à cette énigme. Puis un doute l’envahit. Qui était cet ectoplasme, et était-ce ? l’assassin ? Où comme il le lui avait dit, juste quelqu’un qui pensait accomplir son devoir ?

Voulait-il jouer avec lui comme tous les grands psychopathes des XX° et XXI° siècles ?

Auguste salua le commissaire, et repartit sur son scooter en direction du poste principal de police psy. En route les questions commencèrent à se bousculer dans sa tête.

 

Il entra dans son bureau et examina les preuves qu’il avait pu rassembler, c’est-à-dire presque rien de concret.

 

Il fit le vide dans sa tête et demanda à son dostose de former une hypothèse de première phase. Ce qui voulait signifier une hypothèse avec un fondement simple de grande logique pour un minimum de preuves tangibles.

La voix féminine quoique toute synthétique de son dostose lui répondit de son ton le plus neutre :

« L’hypothèse de première phase que je peux te fournir est celle-ci :

Il s’agit d’un homme âgé entre trente et quarante-cinq ans, il doit avoir une certaine expérience de la police criminelle. Il doit travailler dans un centre administratif assez considérable pour posséder des renseignements sur des individus qui ne sont répertoriés nulle part.

Il s’agit d’un mystique de tout premier ordre. Il ne s’en prend qu’à des gens possédant des caractéristiques magiques. On pourrait très bien le surnommer « l’inquisiteur » en rapport avec l’histoire de la chrétienté et de la chasse aux sorcières et aux démons.

Il possède un Q.I.très élevé, puisqu’il est capable de créer une arme indécelable à ce jour.

Ceci sera la fin de la première hypothèse qui sera inscrite dans ma mémoire interne. »

 

Auguste se dit que ce dostose lui était particulièrement utile puisqu’il était capable d’analyser les faits plus rapidement que n’importe quel profiler, inspecteur ou même ordinateur.

Il y avait pourtant une chose qu’Auguste ne s’expliquait pas, comment pouvait-on avoir accès à son dostose ?

Il demanda à son dostose l’origine de toutes ses communications avec l’extérieur ces derniers jours.

« La dernière communication a eu lieu hier, appel extérieur sur le pense-net du centre de renseignements de la police psy. J’ai essayé de le pister, je suis d’abord remonté au centre de renseignements mais c’était déjà un appel extérieur, celui-ci était criblé. J’ai alors essayé de passer la barrière en le décodant mais n’en ai pas eu le temps. Toutefois, les premiers chiffres du criblage étaient : 5.1.2. et ces chiffres sont le code d’accès des hauts fonctionnaires d’Etat.

— Dostose, donne-moi les actions programmées par ce pirate, dit soudain Auguste

— Bien sûr, répondit le dostose en concentrant ses diverses mémoires pour tout vérifier.

— Action intervenue et programmée hier, récita le dostose.

— Ajout d’un texte simple à apparence de dictionnaire. »

Le dostose lui montra la traduction de la langue Enochienne qu’Auguste avait précédemment lu.

« Programmation d’un arrêt automatique hier au soir à 23 h 17 précise. »

Alors la voilà, l’explication ! Le visiteur d’hier soir était un pirate haut fonctionnaire. Il devait donc avoir aussi une forme physique. Pensa Auguste quelque peu rassuré de n’avoir pas à faire à un fantôme.

 

Mais il allait rencontrer un problème, car s’il était un haut-fonctionnaire, il lui fallait savoir de quel secteur il provenait, et pour ce faire, il lui faudrait obtenir des autorisations. Car s’il l’identifiait en toute irrégularité, il risquait sa tête et son boulot. En France, on ne touche pas aux gens importants, quels que soient leurs crimes

 
 



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